Biographie

Piliers de la scène hip-hop, indépendantistes acharnés, poètes révérés; Biz, Batlam et Chafiik de Loco Locass occupent depuis plus de dix ans une position inédite dans le paysage musical et culturel québécois.

Vainqueur des Francouvertes 2000, Loco Locass fait paraître indépendamment son premier disque, Manifestif, véhicule du pamphlet Sheila, ch’us là et de l’appel à la prise de parole Langage-toi. Relancé quelques mois plus tard sous étiquette Audiogram, cet album permet au trio de décrocher le Prix Félix-Leclerc 2001.

À l'été 2003, la formation innove avec le cédérom interactif In Vivo, une courtepointe multimédia qui intègre nouvelles chansons, pièces en spectacle, séquences vidéo et animation autour des toiles du peintre Jean-Paul Riopelle. L'œuvre hybride est primée partout dans le monde, de New-York à Londres en passant par Montréal et l’Afrique du Sud.

À l'automne 2005, c'est la sortie du très attendu Amour Oral. Porté par le succès populaire de l'hymne contestataire Libérez-nous des libéraux, le groupe colonise les palmarès de la radio commerciale et canalise la grogne qui traverse toutes les couches de la population québécoise. Moins d'un an après son lancement, Amour Oral est certifié disque d'or et dépasse aujourd'hui les 60 000 copies vendues.

Les récipiendaires 2005 des Félix récompensant l'Auteur ou compositeur de l'année ainsi que le Meilleur album Hip-hop passent à deux occasions leur répertoire à travers le filtre de la musique symphonique, d’abord lors d'une rencontre avec le Consort contemporain de Québec, puis en collaborant avec l’orchestre symphonique du Camp musical St-Alexandre, formé de jeunes musiciens. Cette aventure fera l’objet d’un documentaire de l’ONF réalisé par Martine Asselin et Marco Dubé.

La formation revendique une bibliographie forte de deux recueils permettant aux lecteurs de goûter toute nue leur poésie dense de références intertextuelles et de métaphores: Manifestif (Coronet Liv, 2000) et Poids Plume (Fides, 2005).

Les trois membres de Loco Locass sont nommés en 2007 Patriotes de l’année par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Cette prestigieuse reconnaissance est remise chaque année à une personne s’étant distinguée dans la défense des intérêts du Québec et des luttes démocratiques des peuples. Lassé que le hockey des Canadiens de Montréal ne se conjugue musicalement qu’en anglais, le groupe dote les partisans du bleu-blanc-rouge d’un authentique cri de ralliement en français intitulé Le but alors que les séries éliminatoires 2009 battent leur plein. Dans un moment de télé surréaliste, Don Cherry apposera son imprimatur sur la chanson qu’adoptent les Québécois. Le but et Hymne à Québec, composé pour La série Montréal-Québec, deviendront les deux titres francophones les plus téléchargés au Canada en 2010.

Loco Locass multiplie les collaborations avec des artistes de tous les horizons. Le trio brasse la cabane de La Russe, extrait de l’album Trompe-l’œil de Malajube, une des œuvres phares du rock indépendant québécois, fume le calumet de La paix des braves avec le rappeur d’origine algonquine Samian sur son album Face à soi-même et souffle un vent hip-hop sur le classique Tout le monde est malheureux du poète national Gilles Vigneault pour la compilation Retrouvailles.

En 2008, Loco Locass offre M’accrocher? au film Tout est parfait d’Yves Christian Fournier. Méditation inquiète autour du suicide chez les jeunes, cette œuvre au noir décroche une nomination à la 29e édition des Prix Génie. Un clip réalisé par Martin Fournier et tourné dans un gymnase scolaire de Laval grâce à la collaboration d'une centaine d'élèves tournera beaucoup à MusiquePlus.

Le printemps 2012 marque le retour sur disque tant attendu du trio indépendantiste. Avec Le Québec est mort, vive le Québec!, Loco Locass lance un pavé dans la mare et espère aider ce pays qui n’en est pas encore un à renaître de ses cendres. Entre les chansons carburant à l’air du temps qui l’ont rendu célèbre, les odes à la fête et les portraits à teneur sociale, Loco Locass prouve qu’aucun sujet n’est à l’épreuve de son agilité poétio-mélodique et fait honneur, une fois de plus, au mot-valise – manifestif – dont il avait coiffé son premier album.