Le nouvel album de Peter Peter

Une version améliorée de la tristesse, c'est l'énergie qui galvanise les troupes entre chien et loup, c'est le sursis qu'offre la nuit (notre seule et unique certitude), c'est la fête élevée au rang de mode de vie, c'est l'impatience tenaillant celui qui attend impatiemment que le soleil se couche, c'est les amis d'une soirée et les amis pour la vie, c'est le numéro d'une inconnue notée dans un paquet de cigarettes, c'est Montréal, berceau de nos errances, c'est cette aube méprisable qui finit toujours pas s'interposer entre la grâce et demain, c'est danser, boire et aimer.

Suite attendue du premier album homonyme de Peter Peter, Une version améliorée de la tristesse est aussi le fruit des expérimentations du jeune auteur-compositeur avec les nombreux claviers qu'il s'est procurés au cours de la dernière année et avec lesquels il a noué une étroite relation en égrenant de tout aussi nombreuses nuits d'insomnie. Réalisé par l'artiste avec le support du multi-instrumentiste Emmanuel Éthier (Cœur de Pirate, Jimmy Hunt) et de Pascal Shefteshy, ce deuxième album est mis en orbite par des boîtes à rythmes sur lesquelles se déposent de vaporeuses couches de claviers languides. Le saxophone solaire d'Adam Kinner tire quant à lui les noctambules vers le ciel lorsque ce qui se passe au niveau du trottoir devient insupportable. «C'est un instrument que j'aime sincèrement et je voulais à tout prix ne pas sombrer dans l'ironie», précise Peter, qui réussit à éviter la piège du second degré facétieux. Le guitariste Grégory Paquet (ex-The Stills) et le batteur Francis Mineau (Malajube) ont entre autres collaboré à l'enregistrement de ce disque qui s'éloigne du folk de son prédécesseur, sans pour autant le renier (Rien ne se perd, rien ne se crée).

Malgré les quelques obligatoires chansons d'amour et de désamour qui jalonnent ce deuxième album, Peter Peter s'exprime plus que jamais ici au nom d'un «nous» qui prend d'assaut les rues de la ville, la nuit tombée, dans le but de pourchasser un état terriblement proche du bonheur, cette version améliorée de la tristesse que sanctifie le titre. «Sourions les amis, nous avons triomphé / nous avons retiré le plafond sans faire tomber les murs», se réjouit Peter sur le dansant premier extrait, Les chemins étoilés. «En repensant au premier album, je trouvais que je n'avais pas assez parlé de mes amis avec qui je partage la plupart des mes bonheurs et de mes déveines», explique-t-il.

Une version améliorée de la tristesse, c'est un antidote au spleen, à écouter au casque dans la noirceur de sa chambre ou à faire tourner aux petites heures d'une fête improvisée, lorsque la réserve de carburant se tarit.

Une version améliorée de la tristesse sera lancé officiellement lors d'un concert présenté à l'occasion du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue le 31 août à 19h au Cabaret de la dernière chance. Un deuxième spectacle de lancement aura lieu au Cabaret du Mile-End de Montréal le 5 septembre à 21h.