
Danser, ça fait du bien et ça rassemble. C’est aussi l’une des dernières révolutions qu’il nous reste. C’est d’ailleurs cette conviction qui a guidé la création de , le troisième album de . Désormais forte d’une demi-douzaine d’années de tournées, la formation s’applique ici à répondre à l’une des principales attentes de son public : lâcher son fou au rythme du groove.
La recette reste la même, mais se voit cette fois magnifiée pour inviter au mouvement, puisant dans les sonorités distinctives et désinhibées des années 80 : le disco-funk de Nile Rodgers, David Bowie, Sister Sledge et Gwen Guthrie, ainsi que le yacht rock de Michael McDonald. Le tout conserve naturellement cet enrobage bien québ qui fait de le groupe singulier et charismatique qu’on connaît.
Synthés emblématiques, lignes de basse chaloupées (avec, pour la première fois, du slap !), guitares angulaires, essentiels boniments de congas, refrains immédiats, chœurs et unissons bien sentis. Le tout se déploie et s’enchevêtre au profit du groove, avec, ici et là, quelques passages une p’tite affaire plus posés. Au terme de l’écoute, le titre de l’album prend tout son sens : on danse à travers les écueils, on danse pour sortir le méchant, on danse simplement parce que c’est un geste fantastique qui nous fait sentir vivant·es.
Misant toujours sur ce ton familier qui nous ressemble et nous rassemble, poursuit, avec , son habituel commentaire social, en abordant des thèmes à la fois plus personnels et universels. Parce qu’au final, tout est dans tout. Si Rémi Gauvin se faisait auparavant un point d’honneur de ne pas (trop) parler d’amour, la vie l’a cette fois amené à se tourner vers l’intime, un espace où chacun·e peut se reconnaître et qui, au fond, demeure indissociable de nos rapports en collectivité.
« On a la chance de pouvoir faire beaucoup de spectacles et notre public grandit constamment. On a réalisé que lorsqu’on embarque dans un bout plus dansant, les gens se lèvent, se rapprochent, se laissent aller. On a donc décidé d’assumer ce virage naturel-là. » -
Au fil de neuf pièces jovialement rythmées se déploie un récit fracturé, évoquant une relation amoureuse cahoteuse qui n’a rien de linéaire. On ouvre le bal avec la fausse bonne idée de renouer avec son ex, même si ce n’est pas vraiment ce dont on a besoin (coucou, comment ça va?), avant d’explorer, malgré les embûches, le désir de vivre de ses passions (partir en peur). On se rappelle au passage qu’il ne sert à rien de se presser (attends minute!), tout en faisant place à un peu de tendresse (virer doux) et à un regain d’espoir (redoux). Il est également question de tourner la page (revenir de toi), de porter un regard sur les inégalités qui nous entourent (bonhomme) et d’apprendre à être un peu plus indulgent envers soi-même (il faut que tu te donnes du lousse). Le tout se termine sur une question bien de saison : sera-t-on avec l’être cher pour Noël (à la fin de la journée)? Une chose est sûre, cependant, on n’aura jamais cessé de danser !
Pour une troisième fois, a investi le studio Mixart en compagnie de Warren C Spicer (Plants & Animals, Unessential Oils), qui signe la réalisation, la prise de son et le mixage de l’album. Les pièces ont été en grande partie enregistrées live sur ruban analogique. Paraissant aujourd’hui sous Audiogram, vous incitera inévitablement au déhanchement et prendra vie sur scène à l’occasion d’une tournée d’une quarantaine de dates à travers la province.
À PROPOS
C’est l’histoire d’une gang d’ami·es qui chante le quotidien – et dont le quotidien est devenu chanson. Depuis 2016, fait proliférer ses grooves décontractés et avenants comme des reflets de la personnalité et de la complicité de ses membres. Son assemblage funk, disco et yacht rock chanté en bon québ rayonne sur son album éponyme (2020, Audiogram) et (2023, Audiogram), ayant mérité au groupe 9 nominations à l’ADISQ, la bourse Découverte Bell Média 2021, le Lucien de l’Album indie pop au GAMIQ 2024 ainsi que le Prix Espoir FEQ 2025.


